Le 20e Trou
Histoire du golf · Écosse — Pays-Bas

D'où vient vraiment ce sport (et c'est quoi, au juste)

Le golf, dans sa version la plus honnête : un groupe d'adultes qui paient pour marcher dans l'herbe et frapper une petite balle blanche dans un trou minuscule, situé le plus loin possible du point de départ. Vu de l'extérieur, ça ne veut rien dire. Vu de l'intérieur, c'est à peu près ça aussi — sauf qu'on y prend un plaisir bizarrement addictif.

Plus sérieusement : le but est de faire parcourir à la balle une distance donnée en le moins de coups possible, sur un terrain découpé en 18 trous, chacun avec son propre par. Simple sur le papier. Beaucoup moins simple quand la balle atterrit dans un buisson qui n'existait pas cinq minutes plus tôt.

Écosse, XVe siècle

Des bergers écossais aux costumes hors de prix

L'histoire commence en Écosse, au XVe siècle, et elle est nettement moins glamour que l'image qu'on s'en fait aujourd'hui. Des bergers désœuvrés tapaient dans des cailloux avec des bâtons recourbés, en visant des trous de lapin. Voilà, c'est tout. Pas de polo hors de prix, pas de club-house avec vue sur le practice — juste de l'ennui et un bâton.

Un roi qui bannit le golf pour cause de flemme martiale collective.

Le jeu est devenu tellement populaire que le roi Jacques II d'Écosse l'a carrément interdit en 1457. La raison n'a rien à voir avec l'étiquette : il trouvait que ça détournait trop ses sujets de l'entraînement au tir à l'arc, à un moment où l'Écosse avait plutôt besoin d'archers que de golfeurs.

L'interdiction n'a évidemment tenu que sur le papier. En 1754 naît le Royal and Ancient Golf Club à St Andrews, aujourd'hui encore considéré comme le berceau spirituel du golf. Et le fameux total de 18 trous ? Aucune symbolique mystique : St Andrews avait réorganisé son parcours ainsi, tout le monde a copié, et l'usage est resté figé pour l'éternité.

Un timide détour par les Pays-Bas

Voilà où ça se complique. Bien avant les Écossais, les Néerlandais jouaient au « kolven » (ou « colf ») : un jeu de rue et de canaux gelés où l'on frappait une balle vers un poteau ou une porte en un minimum de coups. Le mot écossais « gouf » du XVe siècle serait d'ailleurs une variante du moyen néerlandais « colf », qui signifie simplement « bâton ». Même le nom du sport le plus british qui soit serait un emprunt hollandais.

Un historien allemand a même proposé dans les années 2000 que le golf soit né aux Pays-Bas et non en Écosse, provoquant une belle controverse chez les puristes. D'autres chercheurs répliquent que le kolven se jouait avec des poteaux, pas de vrais trous, et que ce n'était donc « pas du golf ». Une querelle de spécialistes qui dure depuis vingt ans, jamais tranchée — et pour ne rien arranger, des recherches chinoises évoquent un jeu comparable sous la dynastie Song, des siècles avant la première mention écossaise.

De l'élite britannique à un club alsacien

Pendant longtemps, le golf est resté un marqueur social clair : clubs privés, cotisations dissuasives, entre-soi. Ce n'est qu'au XXe siècle, avec l'essor des parcours publics et des structures plus abordables, que le sport a commencé à s'ouvrir vraiment.

C'est très exactement l'endroit où Le 20e Trou pose ses valises. Le golf a une histoire de bergers désargentés, de rois grincheux et de querelles hollandaises — pas seulement de blazers et de cocktails au 19e trou. Le rappeler, c'est une manière de dire qu'on n'a pas trahi l'esprit du jeu en le rendant accessible : on l'a juste ramené à ses origines.

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